Cliquer ICIUn parcours tout en verdure.
ATIMAONO
Commune de Papara, Tahiti.
Pages extraites du Bulletin 2008
La plaine d'Atimaono est située sur la côte sud de la grande île de Tahiti (Tahiti Nui), au PK 40, dans la commune de Papara.
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C’est par une belle matinée ensoleillée que vingt cinq Amopaliens se retrouvent le jeudi 25 septembre 2008 au golf d’Atimaono. Chacun prend plaisir à admirer cette plaine et la montagne qui se détache à l’horizon. Monsieur Lombard, régisseur du domaine, vient nous accueillir et nous donne quelques renseignements sur le passé et le fonctionnement de ce golf où se déroulent des tournois internationaux. Ce site exceptionnel pourrait nous inciter à remonter le temps pour se retrouver sur «la terre Eugénie» au 19ème siècle. A cette époque, cette terre dite «domaine d’Atimaono» est achetée par William Stewart et son beau-frère Auguste Soares, financier portugais. En fait, W. Stewart débarque le 14/09/1862 pour explorer le domaine d’Opunohu que Soares veut acquérir, mais un planteur anglais Alfred Hort y est installé et ne pourra être délogé. Stewart achète alors, au fils du missionnaire Orsmond, le bail d’un terrain de trois cent quatre vingt cinq hectares à Teahupoo, mais il a en vue le domaine d’Atimaono débordant sur les districts de Papara et de Mataiea, intéressant pour son étendue et sa terre fertile. Il explique au commissaire impérial qu’il a cinquante mille francs environ à sa disposition et il demande que l’on exproprie ces terres au profit de sa compagnie que compte créer à Londres le financier Soares. Gaultier de la Richerie, sur les ordres de ses chefs hiérarchiques, essaie de contenter ce nouvel investisseur. Un conseil d’administration, à savoir le commissaire impérial et quatre des sept chefs locaux, accepte l’idée d’expropriation. Mais comment aider cette compagnie à réaliser son projet, la culture du coton et du café, puisque cette terre n’a jamais été cadastrée et qu’une multitude de propriétaires revendique la terre, bien qu’aucun titre valable n’ait pu être présenté. Cette indivision pose problème : donc pas d’expropriation. Reste à Stewart d’acheter à chacun sa soi-disant propriété puisque son but est bien d’entrer en possession de toutes les terres situées entre les rivières Taharuu et Vaitotoa, entre les points kilométriques 36 et 43, de la mer à la montagne. Gaultier de la Richerie intervient et influence les propriétaires indigènes en leur conseillant de vendre leurs terres incultes. Le Messager de Tahiti, du 5 mars 1864 annonce alors que les transactions ont commencé ainsi que le défrichement. Stewart et la compagnie de Soares comptent bien faire fortune en cultivant le coton à Atimaono et pour plus de prudence, une partie du domaine sera réservé à la culture du café. Il faut noter qu’à cette époque la guerre civile aux Etats-Unis a lieu et qu’une pénurie du coton se fait sentir. William Stewart, ancien sous-officier de l’armée anglaise, a débarqué de la goélette Sarah avec six hommes de confiance, mais c’est lui qui devient le maître de «the tahitien cotton and coffee plantation company». Cette propriété, constituée d’achats successifs est par la suite entièrement défrichée, mais reste le gros problème de la main-d’œuvre. A choisir : - des coolies des Comptoirs Français des Indes - ou des coolies importés de Chine La deuxième solution est retenue, mais en attendant que cette main-d’œuvre arrive de ce pays lointain, qui employer ? Un appel est lancé et deux cents Tahitiens et hommes des îles sont embauchés ainsi que quatre vingt quatorze hommes des Iles Cook, pour un contrat de un à deux ans. Un premier code du travail est élaboré. Le commissaire impérial autorise l’introduction de mille Chinois (en fait le feu vert n’avait été donné que pour cinq cents). Les trois cent vingt cinq premiers immigrants arrivent le 25 ami 1865. Cette plantation fut d’abord une affaire florissante et même prospère grâce aux mille hectares de coton, aux cent cinquante hectares de café et aux cinquante hectares de canne à sucre. Mais après de brillants débuts, les cours du coton s’effondrent, le coton de Tahiti ne trouve plus d’acquéreurs. Stewart engage son propre capital et perd de fortes sommes d’argent ? Ces difficultés financières, l’attitude de ses opposants et des autorités locales contribuent à entraîner Stewart vers la faillite. Les travailleurs ne peuvent plus être payés, le travail cesse. Stewart est déclaré insolvable. Il reste libre mais ne peut pas quitter sa résidence. Il meurt le 24 septembre 1873, à quarante huit ans, abandonné de tous. Que va devenir cette magnifique propriété où l’on peut recenser : une vaste maison de maître, des maisons secondaires (celle allouée au médecin par exemple), un grand magasin, un séchoir, un hangar, un magasin aux vivres, deux écuries, une sellerie, un atelier des charpentes, un petit hôpital, une forge, une boulangerie, une locomotive à vapeur, deux presses hydrauliques, quinze bâtiments de bois, cent petites cases indigènes, et même une maison de plaisance en altitude. Tous ces bâtiments, sans entretien, seront appelés à se dégrader au cours des années qui suivront. Après la faillite de Stewart, le domaine d’Atimaono est adjugé, en 1875, pour cinq cents mille francs, à la Société Française, constituée de nombreux notables de Tahiti. Cette société y fit un peu de sucre, du rhum, y planta du café et de la vanille et tira un revenu assez précaire de l’abattage du bétail. En 1898, le gouvernement Gallet, présente aux conseillers généraux un plan tendant à faire acheter par la Caisse Agricole (ancêtre de la Socrédo) le vaste domaine d’Atimaono, qui serait cédé, après lotissement, à quelques immigrants français. Le ministère, séduit par cette perspective donne son accord à la Caisse Agricole qui procède, petit à petit, à l’acquisition de parts détenues par certains actionnaires de la Société Française. Le premier achat se fait en juin 1900. Pour attirer les colons dans ce territoire si lointain, un livret est publié avec de nombreux renseignements sur «la meilleure route à prendre» pour rejoindre Tahiti et tous les avantages octroyés aux futurs colons. Quelques immigrants, attirés par le mythe de Tahiti accepteront le contrat, ils auront beaucoup de difficultés à faire prospérer les terres qui leur sont accordées, sans parler du cahier des charges aux nombreuses clauses restrictives qu’ils découvriront à leur arrivée. Monsieur Raoulx, un des actionnaires de la Société Française, ayant racheté la plantation Soares, garde son acquisition jusqu’à sa mort en 1914. Il y avait relancé les champs de canne à sucre et monté une usine. Il fabrique du sucre et distille du rhum. A sa mort, en 1914, l’exploitation est en plein essor et la distillerie sera administrée par différents commerçants, le rhum étant vendu sur le territoire et non exporté. En 1946, monsieur Jean Bréaud, décidé à investir en Polynésie Française et à aider au développement du Territoire, rachète à Georges Ahne les mille cinq cent hectares qui restent du domaine d’Atimaono. Il reprend en main l’administration, continue l’élevage, les plantations vivrières et la culture de la canne à sucre, culture qui sera abandonnée faute de main-d’œuvre. Après la création de l’aéroport international de Faaa, monsieur Bréaud projette de créer un ensemble résidentiel sur ce domaine. Le Club Méditerranée examine aussi la possibilité d’y installer un centre. Seul le golf se réalise en 1970. Localisé au P.k. 40, côté montagne dans la plaine la plus vaste de Tahiti, ce golf international a un parcours de 18 trous sur une distance de six mille trois cent cinquante cinq mètres. Il porte le nom d’Olivier Bréaud, fils du fondateur. C’est un lieu très agréable pour les golfeurs, mais aussi pour la promenade. Promenade de découverte que nous ferons sous la haute compétence de monsieur Gilles Maoni. Nous avons l’impression de réaliser le parcours sportif et apprenons le vocabulaire du parfait golfeur. A midi, un déjeuner délicieux nous est servi au «Club house», au milieu d’une végétation luxuriante, nous entraînant, dans une atmosphère si conviviale, à dépasser le temps que nous devions y consacrer. En route maintenant pour le Laboratoire de Cosmétique du Pacifique…
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