Cliquer ICI Grottes et légende Les baleines Culture du taro Découverte de RurutuLes îles Australes constituent un archipel de 5 îles avec superficie totale d'environ 152 km2 et 6000 habitants. Elles s'étendent entre 600 et 1 300 km au sud de Tahiti en Polynésie française. Rurutu : 36 KM2 et 2100 habitants, 385 m de haut.
RURUTU
Reportages vidéos sur Rurutu
Pages extraites du Bulletin 2004/2005
Archipel des Australes
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A LA DECOUVERTE DES AUSTRALES Du 12 au 14 novembre, curieux de connaître les îles polynésiennes, quelques Amopaliens ont décidé de lancer une première investigation vers les îles Australes, à RURUTU, où les possibilités actuelles d’hébergement n’offraient un toit qu’à une dizaine d’entre nous, répartis sur deux pensions : le Mannotel et le Teautamatea, au confort de qualité. RURUTU : une géologie atypique Il y a plus de 55 millions d’années (MA) un premier point chaud * a généré le Mont Lotus dont la présence ne se manifeste que par quelques bancs de coraux sous-marins. En effet, après une île haute, ce mont a été réduit à un atoll et a ensuite été complètement englouti pour n’être plus qu’un « guyot » (îlot sous-marin) entraîné dans un enfoncement régulier, au cours des temps, par le plancher océanique. Puis, entre 13 et 12 MA, l’importante activité volcanique du point chaud situé sous le volcan Mac Donald au large des Australes a repris et a donné naissance à l’île de RURUTU qui, elle aussi, subira les assauts irrésistibles de l’érosion de l’eau, du vent et des embruns pendant plus de 10 MA… De plus, les mouvements de la plaque Pacifique l’entraînent inéluctablement vers le Nord-Ouest, à la vitesse de 11cm par an. Ainsi évoluait RURUTU … *Point chaud : il est dû à une source de magma en profondeur qui est fixe par rapport à la plaque Pacifique. Ce magma se fraie un chemin jusqu’à la surface pour créer des volcans qui s’alignent suivant la direction de déplacement de la plaque. Le fruit d’un volcanisme de point chaud est un volcan de type basaltique. Mais voilà qu’un nouveau bouleversement se produit ! Il y a environ 1,5/1,3 MA, (alors que ceci n’arrive quasiment jamais), le même point chaud se réactive sous RURUTU et génère un magma qui agit en force sous l’île… celle-ci se gonfle alors, comme en témoignent les plateaux carbonarés qui entourent le cœur de l’île de façon discontinue, atteignant parfois 800 mètres de large, et qui se terminent brusquement côté Océan, par de très hautes falaises abruptes surplombant de plus 100m le platier frangeant actuel. (Voir photo) Ce volcanisme a provoqué une élévation réelle maximum de 150m et a donné naissance dans le Sud à 3 volcans : le Manureva, le Rairiri et le Naairoa, le plus récent, qui, dans le district où il se trouve, a fait naître de belles plages, comme Toataratara, Narui, Paparai, ou des calanques auxquelles on accède par des sentiers qui fleurent bon les palmes odorantes endémiques, dans le Sud. (Voir photo) Notons que la différence d’aspect entre les reliefs carbonarés anciens et les productions karstiques récentes est bien visible au panorama de Matotea qui domine la baie d’Avera. (Voir photo) RURUTU : une île troglodyte Le temps s’écoule… l’érosion poursuit inlassablement son œuvre destructrice… Le vent, la pluie, les embruns attaquent inexorablement le calcaire et percent les falaises d’une multitude de grottes où subsiste le basalte très résistant, le karst : de la dentelle parfois ! C’est le cas de la grotte Ana Ae’o, dite grotte Mitterand ou, à l’extrémité de la falaise Tutaerao, de la grotte secrète d’Otare censée contenir un trésor qui restera à jamais inconnu puisque le Rurutu qui l’entretenait régulièrement en cachette a quitté ce monde sans avoir préalablement livré son secret, ou la grotte Tupunai ou celle encore de Toarotu ou de Taneuapoto ou… il y en a plus de 100 dit-on ! (Voir photos) RURUTU : rapide histoire Les lambeaux du passé de RURUTU (de son ancien nom ETEROA) laissent à penser que les premiers Polynésiens sont arrivés vers 900 après J.C., de Punaauia, de Paea,… la tradition orale s’étant évanouie et les écrits des navigateurs ou missionnaires étant rares. James COOK découvrit l’île le 13/8/1769 mais renonça à y accoster tant l’accueil des indigènes était froid et agressif. Puis, plus tard, quelques rares navires firent escale, juste pour apporter des maladies nouvelles qui décimeront en partie la population. Cependant, en 1821, des missionnaires protestants s’installent. En 1889, la France y étend son protectorat. En 1900, elle prononce l’annexion avant que l’Angleterre ne le fasse. Les premières lois civiles et pénales de la République n’apparaissent qu’en 1945. Des grands chefs, des rois, ont régné sur l’île. Toromona fut le dernier de la lignée de la dynastie des Teuruarii’i et deviendra le premier Maire de RURUTU. Il est à noter que les Rurutu très imprégnés de religions qui occupent une place importante dans l’organisation de la vie sociale vivent au rythme de celles-ci. Depuis 1970, la métropole et le territoire ont fait de gros efforts pour désenclaver cette île par des aménagements modernes indispensables : un port et des quais, un aéroport, des routes bétonnées par la population, un centre médical, un ensemble scolaire complet, de la maternelle au collège avec internat, deux centrales, l’une électrique et l’autre éolienne, des moyens de communication par satellites, un début de cadastrage etc… tout ceci concourt à retenir la population locale et peut-être à attirer les investisseurs du tourisme. RURUTU et Eric de Bishop Au cimetière Nepo, nous nous arrêtons sur la tombe d’Eric de Bishop. Ce Français, mis en disgrâce pour des raisons politiques, a laissé son poste de Consul de France à Hawaii pour être envoyé prisonnier, par les Américains, sur la terre française la plus proche : la Polynésie. Il choisit de vivre à RURUTU et se marie avec une fille du pays. Conscient des problèmes posés par les partages et les cessions foncières, il entreprend un cadastrage de l’île entre 1945 et 1952. Il fonde bien sûr ses recherches sur les lois mises en application par la République française en 1945, mais il s’avère que les résultats seront refusés par les Rurutu qui trouvent cette législation incompatible avec les lois claniques locales. Le projet sera donc abandonné. Néanmoins, depuis quelques années, quelques courageux réentreprennent, à partir des bases précieuses d’Eric de Bishop, un cadastrage devenu indispensable pour résoudre les imbroglios des problèmes d’indivisions qui bloquent les jeunes dans leur désir de construire, de planter, d’investir, enfin, de s’installer définitivement à RURUTU. RURUTU et le tourisme : l’île aux baleines Si la géologie de RURUTU demeure méconnue de beaucoup, la présence des cétacés de juillet à octobre attire quelques touristes curieux de voir évoluer sous leurs yeux ces énormes baleines à bosses qui parcourent plus de 6000 km et perdent 1/3 de leur poids pour mettre au monde leurs petits, là où elles trouvent eau chaude et plancton de bonne qualité nécessaires à leur santé. Il faut en effet savoir qu’à cette époque, tout au Sud, l’eau est très froide et le plancton gelé ! Précisons que le terme de « baleines à bosses » tient au fait qu’elles s’arc-boutent lorsqu’elles sortent de l’eau pour respirer ou jouer. Les habitants, soucieux de donner toute satisfaction aux visiteurs, ont aménagé plusieurs « observatoires aux baleines » (c’est le cas de Matonaa) où ils peuvent observer, filmer ou photographier à leur guise le ballet des mères et des baleineaux. Des clubs de plongée proposent même des plongées en bouteilles ou en apnée pour évoluer au milieu de ces mammifères marins. RURUTU : jardin de la Polynésie Nulle par ailleurs, la Polynésie offre de telles étendues cultivées et souvent bien entretenues. RURUTU est véritablement une zone rurale d’autoconsommation ; seules, quelques exportations ponctuelles de pommes de terre, carottes, taros arrivent sur les étals de Tahiti. Pourtant, parcourant les 31 km du tour de l’île et la route traversière, nous admirons, outre une végétation sauvage intense, luxuriante et souvent endémique : -Les tarodières irriguées qui permettent une production continue (Voir photo) -Du tarua, du manioc, -Des orangeraies obtenues avec greffons importés de Corse ; malheureusement, bien que la production soit réelle, les oranges restent en grande partie sur les arbres parce qu’on ne trouve pas de main d’œuvre disponible pour surveiller la qualité et assurer la cueillette des fruits. -Des caféraies (à Vaionae). Si la production pour les exportations était de 200 tonnes en 1900, elle est tombée à 3 tonnes en 1962 avec une légère reprise à 15 tonnes en ce moment, mais là aussi la main d’œuvre est réticente ou trop chère et les exportations de ce pur arabica demeurent encore impossible. -Des bananeraies (fei, banane rouge, hamoa…) -Des citronneraies exploitées, mais aussi en culture libre -Des piments oiseaux, partout -Des vanilleraies dont les plants sont lourds de grosses gousses dans le Sud -Des ananasseraies -Des litchis qui font ployer les arbres ; mais, chaque année, la récolte est incertaine -Des pandanus pour le tressage en artisanat Il faut souligner là aussi les problèmes posés par l’indivision qui oblige certains à planter au bord des routes (les pastèques par exemple) sur des terrains dont ils ne sont pas propriétaires, mais dont la seule présence du cheval, de la chèvre ou du cochon justifie le fait que les plantations sont au propriétaire de l’animal… D’ailleurs, personne n’y touchera. De la même façon, quiconque autorisé pourra se servir si le propriétaire a donné son accord : « c’est chez nous ». Malgré un temps maussade qui n’a pas permis toutes les excursions prévues, RURUTU a surpris et séduit tous les Amopaliens présents qui sont restés stupéfaits devant une telle richesse géologique et n’ont cessé d’admirer la grande diversité des productions maraîchères et agricoles, sans oublier d’en déguster certaines… Il semblerait que si le tourisme n’en est qu’à ses balbutiements, c’est que l’indivision, l’éloignement, la mise en place des projets, l’octroi de subventions, la méconnaissance de la diversité des richesses touristiques de ce paradis et une météo souvent pluvieuse freinent le développement de cette île, voire de cet archipel. Pourtant, comme partout en Polynésie , les habitants sont souriants, accueillants, disponibles et les orero toujours prêts à raconter des légendes dont chacun est friand. Merci encore à notre secrétaire principale pour avoir eu cette idée géniale de nous « sortir » de Tahiti et pour avoir organisé de main de maître ce voyage vers RURUTU l’authentique. Merci à Yves pour son dévouement, ses précieux commentaires et sa constante disponibilité. Merci à Hélène excellent cordon bleu, pour son sourire, sa gentillesse, son accueil chaleureux et son magnifique jardin d’Eden. Merci aussi à la pension Teautamatea pour son accueil et sa disponibilité. Tous ont participé à la réussite de cette sortie-test.
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