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ARRIVEE et INSTALLATION des CHINOIS sur la TERRE POLYNESIENNE VISITE du TEMPLE CHINOIS ‘KANTI’ Commentaires de Madame Rose JONC Présidente de l’Association ‘’ TE VAHINE POLYNESIA ‘’ L’Association ‘’TE VAHINE POLYNESIA ‘’ fait partie du Conseil d’Administration de l’ ASSOCIATION ‘’SI NI TONG’’, un organisme de bienfaisance créé en 1950 et reconnu d’utilité publique en 1995. SIN - signifie l’honnêteté, la confiance NI - signifie la droiture TONG - signifie ‘association’ L’Association SI NI TONG et toutes les associations qui la composent ont donc pour objectif de favoriser la recherche du progrès économique, social et culturel dans le respect des droits de chaque individu, de réaliser des œuvres de bienfaisance et d’assistance, de promouvoir l’identité culturelle chinoise et la connaissance des composantes de la culture polynésienne, de resserrer les liens de solidarité et culturels entre la communauté chinoise locale et toutes les autres communautés existant de part le monde. Les membres du SI NI TONG s’engagent donc à agir pour l’intérêt général de la communauté chinoise, sans autre considération partisane, politique ou religieuse. Ils devront s’attacher à engager et transmettre les valeurs et les traditions qui lui sont propres . (extrait des ‘’objectifs du SI NI TONG’’) I – ARRIVEE ET INSTALLATION DES CHINOIS sur la TERRE POLYNESIENNE. Il nous a semblé important de comprendre la volonté des Chinois de vivre sur cette terre où leurs ancêtres ont rencontré de grandes difficultés quant à la reconnaissance de leur identité et de leur courage, en créant une communauté unie ; nous avons choisi, comme Mme JONC, de prendre en compte la chronologie des faits et évènements. Il paraît que le premier Chinois arrivé sur la terre polynésienne vers 18OO était cuisinier sur un bateau russe qui a fait naufrage près de l’île de ANAA, aux Tuamotu. Il y est resté et a fondé une famille. Mais tout commence vraiment au cours de la décade 1850 – 1860, où de graves problèmes touchent la Chine : - Les inondations fréquentes du Yang Tse Kiang qui provoquent la mort de nombreux habitants , - de fréquentes attaques des voisins qui font un grand nombre de victimes. - des conditions matérielles de vie très dures Tout ceci concourt à décider les Chinois de descendre vers le Sud, dans la région de Canton déjà surpeuplée pourtant. L’exode va commencer. En 1851, le Trois Mâts français ‘’ORIXA’’, venant de Manille, fait escale à TAHITI avec 98 passagers à bord et est reparti avec seulement 92 personnes ; 6 ont interrompu leur voyage dont M. AH SING (qui a encore des descendants en 2006), le seul qui fut admis à résider régulièrement dans la colonie, alors que les 5 autres sont restés dans la clandestinité. En 1856, plusieurs dizaines de Hakkas, du nom de la langue qu’ils pratiquent, en route vers l’Amérique pour la ruée vers l’or en Californie, partent d’Australie pour un très long voyage, … mais ils s’arrêtent ici ! La communauté leur devra, plus tard, la construction en bois du premier Temple sur une terre TIAPA Le 28/02/1865, cette fois, un premier contingent de 329 coolies célibataires, suivi de deux autres de 200 personnes débarquent. William Steward,chargé de recruter de la main d’œuvre pour un terrain de 1200 hectares, décide de planter 1000 HA de coton auxquels s’ajouteront bientôt 150 HA de café et 50 de canne à sucre. Il pense même à un ‘’Musée du rhum’’ ! Les coolies seront bientôt plus de mille qui constituent une main d’œuvre courageuse, forte et bon marché travaillant de 15 à 18 heures par jour dans de mauvaises conditions matérielles, si bien que des bagarres éclatent souvent. L’une d’elles fera 1 mort et plusieurs blessés. Le coupable n’est bien sûr pas démasqué. En 1869, l’un d’eux Chim Soo Kung se dénonce pour calmer les esprits et sauver la communauté chinoise accusée de tous les maux : il sera guillotiné - le premier sur le territoire - mais plus tard, élevé au rang de héros martyr divinisé ; d’ailleurs, un autel secondaire lui est dédié au Temple KANTI, ainsi qu’un mausolée construit en son honneur au cimetière d’ARUE. En 1870, secouée entre autre par cet incident, la plantation fait faillite. Que vont devenir les 500 ou 600 chinois sans travail et sans toit ? Certains vont tenter de rentrer en Chine grâce à leurs maigres économies, d’autres s’éparpillent sur TAHITI où ils se reconvertissent dans les cultures maraîchères, la vie commerciale ou tout autre métier, à FAAA, à PAPARA, à ARUE, à MATAIA ; ils ouvrent aussi des épiceries dans les districts, et, s’ils ne peuvent acheter, ils louent des shops. Fin 1871, le permis de résidence est accordé à tous ceux qui sont installés sur le territoire. En 1892, on dénombre 320 Chinois dans les Etablissements Français d’Océanie. Entre 1907 et 1914, de nouvelles émigrations sont enregistrées, venant de Chine continentale, mais, cette fois, on note la présence de femmes qui permettent la constitution de cellules familiales. Elles rejoignent leur fiancé par correspondance-photo … ou celui qui se prétend tel…mais après un aussi long voyage … on tente d’oublier la vie rêvée que l’on a quittée … et même si ce n’est pas celui que l’on espérait connaître, on le suit à RAIATEA, puis à TAHAA, puis dans une case bien peu confortable où de nombreux enfants naîtront : Faire demi-tour est impensable ! ( anecdote) Entre 1915 et 1920, la guerre ralentit les mouvements de migration. Entre 1921 et 1928, 2200 personnes sont arrivées dont 400 femmes. Mais l’année 1929 marque la fin de l’émigration. Il faut payer une caution de retour de 4500 F que peu de personnes peuvent donner ! En 1934, la seule banque chinoise – Kong AH - fait faillite : la cause serait une mauvaise gestion, mais en fait il s’agirait de rivalités entre les différentes associations fondatrices. Entre temps, des colons déjà installés craignent la concurrence chinoise, aussi cette hostilité des commerçants européens s’est traduite par des mesures tendant à freiner l’arrivée de nouveaux émigrants par des taxes : En 1873, l’adaptation au pays devient indispensable par la nécessité de parler français et tahitien pour communiquer, commercer et trouver un emploi, En 1897, une taxe d’immatriculation à acquitter dès le débarquement est créée, En 1908, une taxe annuelle pour étrangers est mise en place, Vers 1915, le contrat de travail devient obligatoire, En 1951, une taxe annuelle de séjour est décidée . En 1956, elle est portée à 1800 F pour les paysans, à 3600 F pour les Chinois de Papeete, sans oublier un laisser-passer inter-îles, des impôts divers, des majorations de patente, etc…Mais le problème majeur reste l’impossibilité de devenir propriétaire des terres exploitées, sauf en 1912, année du décret accordant la nationalité française et la possibilité de devenir propriétaire terrien à tout étranger né sur le territoire... En 1921, les premières écoles chinoises sont fondées avec obligation d’apprendre le français En 1947, le Consulat Chinois voit le jour sur un vaste terrain appartenant à ARUPA . A cette époque, quelque mille Chinois ont économisé et rentrent dans leur pays d’origine. En 1964, c’est la fin des Ecoles Chinoises quand De GAULLE reconnaît la Chine populaire, ce qui entraîne également un litige quant au titre de propriété des terres et locaux du Consulat maintenant fermé : à la Chine populaire ? à la Chine nationaliste ? Un long jugement est en cours. En 1973, tous les Chinois peuvent être Français s’ils le désirent. Tous les droits et taxes sont du même coup exonérés. II – LE TEMPLE KANTI : propriété de l’Association SI NI TONG 1872 : La société Secours Mutuel acquiert les terres TIAPA et TEONETERE sises à MAMAO pour construire, en bois, le premier Temple et le foyer des hommes. En 1876, il est terminé. Le 18 mai 1981, le Temple KANTI est détruit par un incendie. Le 1er avril 1985, le premier coup de pioche est donné pour reconstruire l’édifice. Le 30 mai 1987, soit deux ans plus tard, le nouveau Temple est inauguré. Il est de style ‘’pagode’’ traditionnel et bâti avec des matériaux importés de TAÏWAN ; l’ensemble est supervisé par un architecte chinois et un géomancien. (objectifs de SI NI TONG) A l’entrée, deux dragons protecteurs nous accueillent, ainsi que deux lions en marbre, en bas de l’escalier, offerts par la CHINE. Ce Temple est dédié à KANTI - statue centrale - un fameux guerrier, célèbre pour sa générosité et son sens aigu de la protection des humbles. Il a bien sûr été divinisé. A sa gauche, il est flanqué de son fils adoptif et, à sa droite, de son fidèle écuyer porte-armes. Nous pouvons aussi remarquer des autels secondaires : L’un d’eux est dédié au martyr d’ATIMAONO, Les autres le sont à la défense contre les mauvais esprits, à la protection des pêcheurs, des 100 familles, des propriétaires terriens, de la déesse de la miséricorde, de la compassion, de l’amour, (qui sont éléments bouddhistes). Une vaste fresque est gravée à la base de l’autel principal qui représente un jardin de pêchers, (la pêche étant le symbole de la prospérité, de la longévité) et trois vieillards, symbole de la fraternité. Chacun peut librement venir se recueillir, faire des offrandes ou interroger les oracles de sept heures à midi. A l’occasion du Nouvel An Chinois, chacun peut découvrir son oracle en respectant le rituel : faire des offrandes, faire le tour du Temple pour se présenter et formuler sa demande, secouer la boîte à bâtonnets jusqu’à ce qu’il n’en tombe qu’un seul portant un numéro dont le secret est dans un livre, avec les papiers correspondants. Si les messages sont de mauvais augure, on demande protection à KANTI. III – LE CIMETIERE CHINOIS D’ARUE En 1897, la communauté chinoise a fait l’acquisition de la terre TEARUEPA qui sera le site du cimetière chinois, appelé ‘’ Cimetière du Repos Eternel’’. Il est actuellement situé en haut du Domaine Labbey, pour moitié sur PIRAE et moitié sur ARUE. Comme la communauté chinoise respecte le cycle lunaire, deux fois par an a lieu le ‘’Culte des Ancêtres’’ ou ‘’KASAN’ qui est le parallèle de la Toussaint des Chrétiens. Cette année, la première manifestation tombe le 5 avril et dure 3 semaines ; la seconde aura lieu en octobre. Les concessions sont individuelles et perpétuelles, mais, comme les terrains deviennent de plus en plus chers, la communauté a adopté le système de l’URANIE qui construit des caveaux familiaux de 6 à 9 places. Cette solution semble avoir l’agrément d’un nombre de personnes toujours plus important. Les célibataires ou les Chinois qui n’ont pas de famille se tournent vers le système des tiroirs. Cette visite passionnante et ponctuée de nombreuses anecdotes personnelles de notre amie Rose JONC, s’est terminée au restaurant chinois TE HOA où le patron nous réserve toujours un très bon accueil en nous faisant déguster ses spécialités appréciées de tous. N.B. : Les passages en italique sont empruntés à la brochure de l’Association SI NI TONG.
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